CR de la GTAM grande traversée de l’atlas moyen: J2 By Your angel
Bonjour fanid, bonjour stylo.
Après une première nuit passée à la belle Titrit, autour d’un feudka et éclairée par Mesbah el Wadi voilà que le réveil sonne. Si vous êtes habitués à celui de vos portables, désolée de dire qu’à la vallée de « 3addi » tout te chatouille pour t’offrir une douceur matinale.
Le froid dont parlé Lotus fi ha9l al Maïs nous accompagnait encore, mais une fois nous nous mettons à table (oui, machi 3jeb, la table qu’on nous a dressé par terre !) le soleil commençait a tapé, d’un seul coup, et assez fort.
On prenait notre temps pour ingurgiter ces pains tartinés de miel, Nutella, confiture de fraises et d’ipomée (miam miam), bref un bon petit déjeuner d’un bon aventurier !
Avant de quitter le camp, Lotus commençait à ressentir quelques malaises, mais endosse son sac quand même et suit l’ « en avant » de Mostafa, notre guide.
Nous devançons alors les muletiers qui ne se précipitent pas pour autant : ils savent qu’ici les bêtes dépassent en marche et charge les hommes !!
Effectivement, les randonneurs que nous étions, démarrons un peu fort pour cette première journée et là notre file s’espaçait. Et devinez qui restait le dernier ?? Moi !! Et je me décourageais, je me décourageais et me disais que ni pour aujourd’hui ni pour le reste de la semaine je n’assumerais, o tkoun dik sa3a 3ala nafssiha janat safaa ! Mais disons seulement que je maintenais cette position, parce que j’avais un tableau de bord de la journée à noter (binatna)
Toujours à Ikis (Azib, autrement lieu de pâturage) N’ (de) Arouss (le nom du village), nous nous arrêtons devant les vestiges de ce qui ressemblerait à un grenier (Cf la galerie de photos). Et apprenez SVP que pour chaque pause, ce sont nos boites de Pandore qui s’ouvrent, pour faire ressortir raisins, dattes, chocolat, amandes, etc. Pas moyen que notre niveau de Glucose diminue ! Pas moyen non plus que nos corps se déshydratent, et là, en fin connaisseur des eaux et terres, Mostafa nous annonce la présence d’une source pas trop loin.
Le temps de remplir les gourdes de mes amis aventuriers et mon tonneau Nesquik à faire tarire toutes les sources
, nous reprenons notre ascension. Ici, le classement des marcheurs change continuellement. Mais peu nous importait. On fait un Mgoun Express et non un Dakar Express et la preuve c’est qu’on s’arrête s’enquérir de l’avancement des uns et des autres : Lotus a toujours ses coliques qui lui serrent le ventre et lui donne des envies de vomissements et Yacout maudit son souffle et Janat découvre que sa respiration est devenue irrégulière à faire mal. Ladies and gentlemen, let me Introduce : Le mal de l’altitude !!
Il est vrai que le métrage parait encore maigre, mais la fatigue elle se laisse sentir cruelle. La montagne ne monte pas graduellement, et une fois une surface s’aplatit devant nous, nous nous arrêtons bouffer un morceau. Les chèvres et les moutons ne nous ont pas bien devancé pâturer ici même ? Et à l’image de ces douces bêtes ceux qui ont avalé rapidement leur pain au fromage, s’étendent sous le soleil. Des instants pareils, moi je ne les ratais pas !!
Là, notre amie Emilie nous appelle les « randonneurs dormeurs » ! Chose qui impatientait certainement, secrètement, notre très compréhensif Mostafa qui croyait que nous voulions un circuit ultra sportif. Meskine !! il sait pas qu’il était impossible aux Javavissa (Corporate Erba !) de ne pas prendre des photos, admirer la nature et s’arrêter souffler un peu ! On peut très bien faire du sport épousé à la détente ! li bgha yrbeh l 3am touil, o li bgha ywssel nhar twel menou ! Makayn rir Don’t worry, be 3addi !
Lotus qui arrivait entre temps, se couvre en excuses (mais hna mansswawch, xssirina o hta wahed mab9a sewel fiha), et sans rien manger, prend sur elle et continue son chemin.
A ce niveau, le peloton ne change plus de figure. J’aurais aimé que mon pseudo soit bel et bien signifiant, comme celui dial chi nass Chouj3ane (lhadra 3lik al Fatta Chouja3) mais l’ange que je suis est dépourvue d’ailes déployées pour nous hisser tous sans peine et en finir.
L’ascension monte et la maitrise du souffle diminue. A ce niveau, khalaha Alfata chouja3 Erba : on entend des voix pour la première fois, et il dit vrai. A ce niveau, silencieux (ce qui est rare !), nous écoutons notre respiration, les grincements des pierres sous nos pieds, le tintement de nos bâtons. Même nos cœurs, nous ne les sentons pas palpiter, mais nous les écoutons battre dans nos poitrines.
La Grandeur du Grand Dieu se fait plus sentir et nous prenons le temps d’écouter… le silence.
La citation ne dit elle pas : un cœur qui bat, un nez qui flaire et une décision qui tombe. Eh bein, c’est de tout temps valable. Une fois nos cœurs convulsaient rapidement, nos nez, gelés et coulant sentaient la rudesse de l’épreuve et nous décidons de ne plus nous y aventurer. Du moins, je pourrais répondre de trois décisions :p
En descendant cette montagne des 3000 mètres et poussières (ça va sans dire qu’il s’agissait de grosses graines de poussières), les figures changent à nouveau. Emilie, najat, nabil, hajar, youssef et moi-même partons avec Mostafa, tandis que Mohamed, Mohcine, Salwa et Fatima Zahra restaient un peu derrière le temps de reprendre des forces.
Les gagnants de l’immunité pour ce jour étaient le couple Triptyque NNN et HHH
qui descendent comme l’éclair (bessmellah 3lihoum) et regagnent les premiers notre camp à Tarkedit. Sur notre chemin de retour, nous croisons mostafa, l’autre mostafa, le muletier, en compagnie de Dolly (un personnage dont on fera l’ample connaissance après) à qui des chameaux barraient le chemin.
Apprenez Mesdames et Messieurs que les mules craignent les chameaux, et pour pallier cela on coupe un brin de poils de queue et on le tresse à leurs cous. Ainsi, habitués à l’odeur forte de ces camélidés ils ne les fuient plus.
Mais Yacout (pour qui on envoyait chercher cette mule) en avait besoin en montant la montagne pas en la descendant ??
On cherchait vainement à rattraper des chevreaux ou des agneaux, mais finalement épuisés, nous regagnons moi et Ichou, ex Le Sarrasin notre camp, où je voyais mon aventure prendre fin, mais pas pour autant son récit.
Nous sentons déjà l’odeur des plats préparés. On n’avait pas encore déjeuné et on devait attendre tout le monde pour se mettre encore … à table !
Lotus est bien la suivante et Yacout par respect à son image de randonneuse a refusé d’utiliser sa monture. Mais elle prédit de ne pas faire le sommet le lendemain. « L’essentiel c’est de faire du sport, et pas 4068 m », fin de citation. RDV alors avec le récit du lendemain pour voir si ne faisant pas éventuellement le circuit du sommet, Salwa ne resterait pas non plus à l’abri de Tacha3boutate. C’est juste que son sentier serait à l’aide de Dolly, pas plus facile mais moins difficile. Fatima zahra a elle aussi des doutes sur son état mais préfère aller prendre une douche au refuge Tilibiyt (où elle se fera arnaquer hhh) et décider après – RDV alors avec le CR suivant pour savoir si elle y sera ou non-.
Voilà comment les priorités différaient pour chacun des aventuriers. Se doucher, manger, lire, noter des épisodes, s’étendre ou encore la très délicate chose qui nous était à faire aller au petit coin (veuillez vous référer aussi aux photos
).
Le soir, nous sirotons notre thé et jouons à ces parties interminables du fameux Trou (tu vois mohamed je ne sais même pas comment l’écrire). Cette soirée est infiltrée par des airs inventifs et créatifs, où on devait faire appel à la compétence de Oasis (poubelle, fermeture de tente, « bougeoir » de pierre,.. ma mémoire flanche, vous pouvez toujours m’aider !).
La présidence des cartes quitte facilement Nabil et va de droit à Emilie qui joue pour la première fois avec nous et qui n’y comprenait que dalle (tiens ça me rappelle quelqu’un, sauf que pour elle la chance du débutant ne l’a pas quittée, et moi… shuuut n’en dites rien !)
Mostafa vient nous rappeler la nécessité de diner tôt pour un départ plus tôt le matin. Il ne disait pas vrmt 4h30, mais rien que l’idée de partir dans le noir nous excitait.
Il dit : « wa nayss wanssin, ibida f sin ».
Heya a syadna : li chrab 2 yw9ef 3la 2. O hna prend fin mon récit et je vous dis bonne nuit!
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